La question éthique
En Suède, les étrangers sommés de mener une “vie honnête”
Johan Forssell, ministre suédois de l’Intégration et des Migrations. © Caisa Rasmussen/AFP
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En Suède, les candidats à la citoyenneté devront, si un projet de loi en ce sens est voté, démontrer qu’ils mènent une « vie honnête ». Mais qu’est-ce que cela veut dire du point de vue éthique ? Et cette condition ne vient-elle pas heurter l’idéal d’hospitalité ? Analyse.
Les prétendants à la citoyenneté suédoise pourraient bientôt avoir à prouver qu’ils mènent une « vie honnête », si le projet de loi récemment présenté par le gouvernement du pays est adopté. Cette mesure est un élément important de l’arsenal anti-immigration que s’efforce de mettre en place l’exécutif. La notion de « style de vie honnête » (hederligt levnadssätt) n’est pas une nouveauté dans le droit suédois. Elle figure déjà dans l’article 11 de la loi sur la citoyenneté, en vigueur depuis 2001 : l’individu qui veut obtenir la citoyenneté doit « avoir eu une vie honnête ».
C’est cette clause de vie honnête que le projet de loi sur la citoyenneté du gouvernement suédois entend aujourd’hui renforcer. La proposition parle, plus précisément, de « style de vie honnête et consciencieuse » (skötsamt, terme difficile à traduire, signifie à la fois prudent, responsable, diligent, bien élevé, etc.). Outre son renforcement dans les procédures d’acquisition de la citoyenneté, la notion de hederligt levnadssätt est également reprise dans un rapport plaidant pour la facilitation du retrait des permis de séjour et des procédures d’expulsion. Le texte réclame de « plus grandes possibilités d’éloigner des étrangers […] en raison de manquements à la vie honnête ».