À la trace
Et si l’homme de Neandertal n’était pas “bas du front” ?
© Gorodenkoff Productions/istockphoto
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On le présente souvent comme un homme bête et bestial. Pourtant, des scientifiques viennent de démontrer que les Néandertaliens avaient des cerveaux amples et préparaient des sépultures pour leurs morts. C’est l’histoire que raconte le paléoanthropologue Antoine Balzeau dans son livre, Histoire d’os (Tana, 2024). Il nous guide pour mieux comprendre le monde de ces cousins de l’Homo sapiens, démontant de vieux clichés grâce à une nouvelle manière de poser des questions.
Un jour, Antoine Balzeau s’intéresse à une dent conservée au musée de l’Homme du palais de Chaillot, à Paris. Aucune information, si ce n’est un numéro sur le tube qui la contient : 168. D’où vient précisément cette dent ? Comment a-t-elle été retrouvée ? Dans les archives, rien. Il interroge des chercheurs, en vain… Qui l’a mise ici ? Elle provient de fouilles menées dans les années 1970, dont les collections sont conservées au musée d’Archéologie nationale, à Saint-Germain-en-Laye. Le paléoanthropologue s’y rend et découvre que cette dent vient d’un site qu’on appelle La Ferrassie, en Dordogne. « Cette histoire a été vite réglée mais une fois sur place, j’ai découvert plein de fossiles humains et cela m’a donné envie d’aller voir tous les musées et les archives liés à cet endroit, comme les collections anciennes des premières fouilles qui datent de la fin du XIXe siècle. Puis de retourner chercher là-bas » Pendant dix ans, il compile les données, complète les squelettes et arrive à rassembler sept Néandertaliens différents. Un bilan extraordinaire !