Exposition

Exposition Hans Bellmer : le trou de mémoire

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Cet article est issu du numéro 1 de Philosophie magazine « 1 - avril/mai 2006 », en kiosque le 30 mars 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’esthétique et l’érotisme de l’œuvre d’Hans Bellmer, artiste surréaliste méconnu, mort en 1975, continuent de déranger.

Né en 1902 à Katowice (Silésie), Hans Bellmer croise Dada à Berlin, au début des années 1920, puis s’installe comme dessinateur de publicités à Paris. Il a 22 ans. En 1940, il est interné au camp des Milles, une ancienne tuilerie-briqueterie désaffectée. Le camp, situé entre Aix-en-Provence et Marseille, a été créé pour enfermer des Allemands, le plus souvent juifs. Aux Milles, ont séjourné tous les « artistes dégénérés » que haïssait Hitler et parmi lesquels figurent Max Ernst, Lion Feuchtwanger, Robert Liebknecht, Ferdinand Springer, le surnommé Wols…

C’est aux Milles que ses scènes, dessins, pastels et fusains se laissent envahir par les briques et les tuiles. La couleur tuilée, les corps pris dans le mur, la Tête de femme sur une tour, les rondeurs pétrifiées par la brique, toute cette ondoyante raideur lui vient du camp. Le trait industriel, le léché publicitaire, la précision anatomique, la précision de plume, les courbes au compas, les ressources de maquettiste, la finition de dessinateur de plan, tels sont les traits réels de l’impureté artiste chez Bellmer.

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