Questionnaire de Socrate
Lola Lafon. La mémoire qui tranche
Lola Lafon. © Joël Saget/AFP
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 162 de Philosophie magazine « Faut-il suivre son intuition ? », en kiosque le 25 août 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans son précédent roman Chavirer, Lola Lafon introduisait de subtiles réflexions sur le sens du pardon dans le judaïsme. Avec Quand tu écouteras cette chanson, qui paraît en cette rentrée chez Stock, elle va plus loin. « Je suis juive », écrit-elle. Pour ce récit, elle a passé une nuit dans la Maison Anne-Frank à Amsterdam. L’occasion de se confronter à ce qu’elle avait esquivé depuis son adolescence, la mémoire de la Shoah. Par ailleurs, elle donne un éclairage fascinant sur la manière dont le mythe d’Anne Frank a été construit après guerre, notamment par un producteur de Broadway ayant expurgé le Journal, dont il trouvait l’histoire « trop juive » et « beaucoup trop triste ». Une redécouverte !
La solitude, vous l’aimez comment ?
Chantée par Barbara.
Le meilleur conseil que vous ayez reçu ?
« N’accuse pas le sol ! » comme m’a dit mon professeur de danse.
Une rencontre déterminante ?
Un homme, un amoureux qui est devenu une âme frère et mon premier lecteur.
Un ingrédient indispensable pour créer ?
Du thé noir.
Mettez-vous quelque chose au-dessus du bonheur ?
Bien sûr, parce qu’il y a des nazis heureux ! Je mets au-dessus du bonheur la cohérence. Mais, en vous le disant, je m’aperçois qu’il y a des nazis cohérents. Alors, la solidarité.