« Face au cancer, tu es seul »
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Cet article est issu du numéro 29 de Philosophie magazine « 29 - mai 2009 », en kiosque le 30 avril 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Gaspard R., atteint à 27 ans d’un cancer des testicules métastasé, témoigne du courage plus intime que guerrier que requiert la maladie.
« Quand j’ai su que je partais en chimio, j’ai eu un moment de profonde détresse, mais j’ai fait le choix de vivre et de me battre. Il faut surtout du courage après. Pendant des années, persuadé que je ne dépasserai pas les 35 ans, j’ai eu des angoisses de mort. Elles ont tué mon couple, j’ai divorcé. Je me suis alors profondément remis en cause, et j’ai commencé à chercher de l’aide. Admettre ses faiblesses, faire face à ses démons, ça oui, ça relève du courage. Il en faut pour déballer quelque chose d’intime à un tiers. Face au cancer, pendant la maladie, tu es seul. Il est très difficile de gérer les relations aux autres : la maladie relève du tabou. Il est difficile pour les gens de t’écouter, car tu les renvoies à la question de leur propre intégrité physique et de leur propre mortalité. Un seul de mes amis a réagi comme je l’attendais, très simplement. Sans oublier ma nouvelle compagne, bien sûr, qui a fait preuve de courage en vivant cette période à mes côtés. Depuis 2008, j’arrive à me projeter dans l’avenir. J’aurai mis dix ans. »