Géopolitique

Faut-il être craint pour être libre ? Thucydide répond… à Emmanuel Macron

Temps de lecture : 3 min

Faut-il être craint pour être libre ? Thucydide répond… à Emmanuel Macron

Buste de Thucydide © Wikimedia Commons – Emmanuel Macron © Dominique Jacovides/Pool/Sipa

Cet article est réservé aux abonnés.

« Pour être libre dans ce monde, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant » : la phrase prononcée par Emmanuel Macron dans son traditionnel discours la veille du défilé du 14 juillet a marqué. Une liberté basée sur la crainte, donc : que doit-on vraiment entendre par cette phrase ?


La puissance garantit la souveraineté…

Résignée et pessimiste, cette sortie d’Emmanuel Macron n’en est pas moins réaliste et pragmatique (deux mots qu’affectionne le président). Car elle prend acte d’un monde dans lequel la force l’emporte toujours plus sur le droit. Nous ne pouvons plus simplement compter sur la reconnaissance mutuelle des États pour garantir l’indépendance de chacun : la liberté doit être conquise et activement défendue. L’un des grands fondateurs du principe de la realpolitik, Nicolas Machiavel, auquel Macron a consacré son mémoire de M1, ne disait pas autre chose dans Le Prince (1532) : « Il est plus sûr d’être craint que d’être aimé. » Machiavel l’affirmait certes à propos des rapports entre le prince et ses sujets, mais la transposition aux rapports d’un État aux autres États semble – pour le président en tout cas – aller de soi. La puissance est la garantie de la souveraineté.

Cet article est réservé aux abonnés