Polémique

Faut-il vraiment programmer ses rapports sexuels ?

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Faut-il vraiment programmer ses rapports sexuels ?

© Ekaterina79/ iStockphoto

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Inciter à faire l’amour « au moins une fois par semaine », est-ce faire l’apologie du viol de couple ? C’est l’accusation adressée à la sexologue Thérèse Hargot. Dans un échange filmé avec le youtubeur Thibaud Delapart, dit Tibo InShape, elle intime les couples à avoir des rapports même s’ils n’en ont pas envie. Et si le procès qu’on lui fait n’était pas le bon ? 


 

Apparemment, c’est la nouvelle mode : inciter les Français à copuler. Emmanuel Macron a ouvert le bal en annonçant un « réarmement démographique ». La même semaine, le youtubeur passionné de musculation « Tibo Inshape » invitait la sexologue Thérèse Hargot à répondre à des « questions intimes ». À l’instar du chef de l’État, elle y est allée de son petit conseil : dans un couple, l’idéal serait de « faire l’amour » au moins une fois par semaine. Il faudrait surtout programmer ces rendez-vous sexuels à l’avance. Une sortie jugée irresponsable et dangereuse. « Vous êtes une criminelle », écrit une internaute qui explique avoir été violée à répétition par son partenaire. Elle tient responsables ces discours normalisant l’idée que l’on doit du plaisir à son partenaire. « Vous déformez mes propos », a rétorqué la sexologue, en appelant à différencier l’envie du consentement. Posons donc la question sans déformation ni mauvaise foi : la sexualité peut-elle être soumise à des règles de régularité et de fréquence ? 

Quand l’appétit va, tout va – et il vient en mangeant !

« Au début, tu es tout feu, tout flamme, […] Cette période-là ne dure pas. À un moment, on a moins le sentiment amoureux, et c’est là que le désir sexuel peut descendre », affirme la sexologue. Si l’envie sexuelle est destinée à se dissiper, en faire une condition nécessaire à tout rapport revient à peu près à faire vœu d’abstinence. Après tout, pourquoi pas ? Ce constat a le mérite de rappeler que la dilution de la libido dans les couples est normale, alors qu’elle est souvent source de honte et de complexes.

Thérèse Hargot aurait la clé pour rendre l’appétit à ceux qui l’ont perdu : on peut prendre du plaisir sans envie sexuelle initiale, poursuit-elle. Elle fait implicitement référence à la différence entre deux types d’envie. La libido spontanée, liée aux affects, aux fantasmes et à la présence de l’autre, correspond à l’envie d’initier un acte sexuel. La libido réactive, elle, est la réponse à une stimulation sexuelle extérieure. Ainsi, quand le sentiment amoureux et le désir de fusionner avec l’autre se dissipent, la libido spontanée s’affaiblit elle aussi. Il reste alors l’alternative mécanique : se donner envie en se caressant les corps. Là encore, soit !

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Libido, volonté et autonomie : le désir sexuel en question