Écologie
Fin de la COP30 : le “principe habitabilité” va-t-il sauver la planète ?
Belém, dans l’État du Pará (Brésil), le 6 novembre 2025. Le fleuve Guamá, aux abords du port d’Outeiro qui accueille les délégations participant à la COP30, la conférence des Nations unies sur les changements climatiques. © Carlos Fabal/AFP
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Au niveau international, le droit de l’environnement est bardé de traités et de chartes en tout genre. Ce qui de toute évidence ne suffit pas : sur le plan écologique, notre planète continue de sombrer. Un super-principe juridique pourrait-il sauver le monde de l’effondrement environnemental ? C’est l’idée derrière le « principe habitabilité ».
Pallier un droit impuissant
Près de 500 traités internationaux, des lois et des chartes à tous les échelons... Sur le papier, le droit de l’environnement forme un arsenal robuste, presque surabondant. Pourtant, au vu de la crise climatique et de la destruction des écosystèmes, il semble impuissant à protéger durablement la planète et ses habitants. Comment expliquer cette déficience ? Peut-on lui redonner un nouvel élan et garantir son efficacité sur le long terme ? Le philosophe Baptiste Morizot et le juriste Laurent Neyret en sont convaincus. Dans un article paru dans la revue en ligne du Groupe d’études géopolitiques, l’auteur de Manières d’être vivant (Actes Sud, 2020), maître de conférences à l’université Aix-Marseille, et le professeur des universités à Sciences Po défendent l’idée d’un « principe habitabilité ». Ce concept devrait permettre de refonder le droit environnemental : non pas en surajoutant, en aval, une énième clause aux textes existants, mais en posant ce principe en amont de l’édifice juridictionnel. Leur approche vise ainsi à redynamiser la lutte contre le dérèglement climatique après l’échec relatif de la COP30 et la sortie programmée des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat en 2026.