Écologie / Droit
Un droit à l’“habitabilité” pour sauver la planète ?
Belém, dans l’État du Pará (Brésil), le 6 novembre 2025. Le fleuve Guamá, aux abords du port d’Outeiro qui accueille les délégations participant à la COP30, la conférence des Nations unies sur les changements climatiques. © Carlos Fabal/AFP
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Cet article est issu du numéro 195 de Philosophie magazine « Moi, moi et encore moi. Comment sortir de sa bulle ? », en kiosque le 04 décembre 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Serait-il possible d’imaginer un super-principe juridique à l’image de celui de « dignité », issu du procès de Nuremberg, pour renouveler le droit de l’environnement ? Telle est la proposition ambitieuse du philosophe Baptiste Morizot et du juriste Laurent Neyret, publiée en marge de la COP 30.
Près de 500 traités internationaux, des lois et des chartes à tous les échelons… Sur le papier, le droit de l’environnement forme un arsenal robuste, presque surabondant. Pourtant, au vu de la crise climatique et de la destruction des écosystèmes, il semble impuissant à protéger durablement la planète et ses habitants. Comment expliquer cette déficience ? Peut-on lui redonner un nouvel élan et garantir son efficacité sur le long terme ? Le philosophe Baptiste Morizot (lire p. 68-73) et le juriste Laurent Neyret en sont convaincus. Dans un article paru dans la revue en ligne du Groupe d’études géopolitiques, l’auteur de Manières d’être vivant (Actes Sud, 2020), maître de conférence à l’université Aix-Marseille, et le professeur des universités à Sciences-po défendent l’idée d’un « principe habitabilité ». Ce concept devrait permettre de refonder le droit environnemental : non pas en surajoutant, en aval, une énième clause aux textes existants mais en posant ce principe en amont de l’édifice juridictionnel. Leur approche vise ainsi à redynamiser la lutte contre le dérèglement climatique après l’échec relatif de la COP 30 et la sortie programmée en 2026 des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat.