Économie / Pauvreté

Florent Guénard : “Les inégalités économiques ne sont pas naturelles”

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Florent Guénard : “Les inégalités économiques ne sont pas naturelles”

Florent Guénard. © Emmanuelle Marchadour/Divergence

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Cet article est issu du numéro 201 de Philosophie magazine « Le sentiment océanique. Peut-on faire l'expérience de l’infini ? », en kiosque le 10 juillet 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pour Florent Guénard, philosophe et auteur de La Passion de l’égalité, le dernier rapport du Laboratoire sur les inégalités mondiales, codirigé par Thomas Piketty et Lucas Chancel, constitue une « utopie réaliste ».

 

Le rapport documente la trajectoire d’un monde décarboné où tous les habitants de la planète convergent, autour de 2100, vers 5000 euros de revenu mensuel. Comment accueillez-vous ces éléments?

Florent Guénard: Les économistes du Laboratoire sur les inégalités mondiales nous présentent une utopie égalitaire dans un monde qui ne l’est pas. Ils assument de construire un autre futur contre les tendances du climato-scepticisme, des nationalismes populistes ou des techno-réactionnaires américains. Pourtant, nous sommes très loin des idéaux du socialisme utopique comme le Voyage en Icarie (1840) d’Étienne Cabet. Il ne s’agit pas ici de quitter le monde commun pour imaginer un idéal où seraient refondés les rapports sociaux selon de grands et nouveaux principes. Le rapport donne un programme. Avec le bon instrument politique international, son système d’impôts mondiaux sur la fortune et les revenus, avec une bonne redistribution de ces richesses et un bon fléchage de l’investissement vers la transition écologique, l’éducation et la santé, les économistes prouvent qu’un tel monde est possible. La vertu d’une telle approche est de nous montrer que les inégalités économiques sont le produit de nos décisions politiques. Elles ne sont pas naturelles.

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