Géopolitique / Europe
Gabrielius Landsbergis : “Nous, Lituaniens, sommes sans doute les meilleurs interprètes de l’‘âme russe’”
Gabrielius Landsbergis a été ministre des Affaires étrangères de la Lituanie de 2020 à 2024. © Mindaugas Mikulenas/CC BY-SA 4.0
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 191 de Philosophie magazine « Pourquoi se complique-t-on la vie ? », en kiosque le 03 juillet 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Ministre des Affaires étrangères de la Lituanie de 2020 à 2024, Gabrielius Landsbergis explique quels pourraient être les prochaines actions du Kremlin en Europe et propose des moyens de nous défendre… même sans l’Otan.
L’Europe est-elle prête à relever le défi militaire que représente la Russie ?
Gabrielius Landsbergis : Sans l’aide des États-Unis, non. Même avec des investissements massifs, il faudrait cinq à dix ans pour renforcer une réelle capacité de dissuasion. Cela signifie qu’à court terme, Poutine veut poursuivre la guerre et que nous, nous ne sommes pas prêts. La situation est extrêmement dangereuse. Les Russes n’attaqueraient pas massivement l’Europe mais pourraient plutôt mener une offensive éclair afin de s’emparer d’une portion de territoire, tout en faisant peser la menace d’une escalade nucléaire en cas de riposte occidentale. Ils pourraient, par exemple, prendre la ville estonienne de Narva ou tenter de relier l’enclave de Kaliningrad au Bélarus par le corridor de Suwalki [qui forme la frontière entre la Lituanie et la Pologne].