Géopolitique des choses
© Dan Cristian Padure/Unsplash
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Cet article est issu du numéro 165 de Philosophie magazine « La question woke », en kiosque le 01 décembre 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Crise énergétique, pénuries alimentaires, tension sur les semi-conducteurs… Oubliées à la faveur d’un sentiment global d’abondance et de la dématérialisation numérique, les choses reviennent sur le devant de la scène. Nous vivons une « crise des “choses” », analysent d’ailleurs les essayistes Kate Mackenzie, Tim Sahay, Thea Riofrancos, Skanda Amarnath et Joe Weisenthal lors d’une table ronde au mois d’octobre intitulée « La géopolitique des choses ». En cause : la pandémie de Covid-19 puis la guerre en Ukraine. Dans une situation de rareté – et donc de rivalité –, détenir des ressources clés, c’est détenir un pouvoir. Les choses constituent donc le noyau des rapports de forces contemporains. Ce recentrement transforme en retour notre rapport aux objets, comme le relèvent les sociologues Jérôme Denis et David Pontille dans leur essai Le Soin des choses (La Découverte, 2022) : la « diplomatie matérielle refuse de jouer le jeu d’un monde où la technique est toujours solide » expliquent-ils. En faisant de la « fragilité matérielle » une « condition commune », « la maintenance déploie » une attention nouvelle aux choses qui façonnent notre monde… et dont il faut prendre soin !