Georges Bataille. Les extraits
© Sonia Roy / Colagene pour PM
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Cet article est issu du numéro 68 de Philosophie magazine « 68 - avril 2013 », en kiosque le 21 mars 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Reprise ici en intégralité, la préface à Madame Edwarda – qui sera insérée en tant que chapitre final dans L’Érotisme – n’est pas à proprement parler un commentaire de l’œuvre initiale. Bataille évoque certes un « livre insensé », où Dieu est une « fille publique » et la sexualité représentée « sans détour ». Mais il se propose surtout de réfléchir sur « l’attitude traditionnelle à l’égard du plaisir » et insiste sur la « gravité » de l’expérience érotique. Ce texte est également le lieu d’une réflexion sur l’excès, moment où l’homme et « l’être » en général basculent « hors de toutes limites ». De telles conceptions sont approfondies dans Les Larmes d’Éros, dont sont reproduits ici trois extraits marquants. Tout d’abord l’avant-propos, où Bataille fait de l’érotisme « la fin de notre vie », tandis que le travail ou la quête du profit n’en constituent que des « moyens ». Ensuite, dans une section de la première partie de l’œuvre (section intitulée « L’érotisme lié à la connaissance de la mort »), les sexualités animale et humaine sont nettement distinguées, car les hommes font l’amour pour s’approcher du sacré, et non seulement pour se reproduire. Enfin, dans le dernier volet (« Du rire érotique à l’interdit », extrait de la seconde partie), Bataille revient sur l’une de ses notions clés, la transgression, dans son rapport à l’interdit – « c’est la transgression de l’interdit qui envoûte… »