Exposition
Gerhard Richter, “peintre de rien”, exposé à la Fondation Louis-Vuitton
© Gerhard Richter, Apfelbäume [Pommiers], 1987 (CR 650-1). Huile sur toile, 67 x 92 cm, Collection particulière© Gerhard Richter 2025
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Cet article est issu du numéro 196 de Philosophie magazine « Comment recommencer ? En amour, au travail, dans la vie », en kiosque le 15 janvier 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La Fondation Louis-Vuitton, à Paris, consacre une grande exposition à Gerhard Richter, l'un des plus grands peintres contemporains, qui maintient, depuis plus de soixante ans, une ambition artistique quasi métaphysique : réaliser des images « de rien ».
« Je préfère les photos naïves, composées simplement, sans complications : la raison pour laquelle La Joconde me plaît est qu’elle n’a rien de particulier. » Gerhard Richter l’affirme dans ses notes, dès 1964, au début de sa carrière. L’un des premiers tableaux exposé dans cette rétrospective à la Fondation Louis-Vuitton représente ainsi une table, peinte d’après une image tirée d’un magazine italien. Inédite par son ampleur, cette exposition retrace sur plusieurs étages le parcours complet de l’artiste allemand, jusqu’en 2017, alors qu’il décide de cesser de peindre. Difficile d’en tirer une ligne claire tant il varie les manières et les genres, de la figuration à l’abstraction, usant du pinceau, du couteau ou du racloir. Qu’il brouille ses tableaux d’après photo comme à ses débuts, qu’il floute les portraits de ses proches, dont sa fille – Betty – ou qu’il dissolve les contours d’une Annonciation d’après Titien, Richter maintient une ambition artistique, quasi métaphysique : réaliser des images « de rien », comme dans sa série des Peintures grises.