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Gibus de Soultrait. « Il a puisé sa matière réflexive chez les non-philosophes »
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Cet article est issu du numéro 61 de Philosophie magazine « 61 - été 2012 », en kiosque le 03 juillet 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Un jour, Gibus de Soultrait découvre que Deleuze s’intéresse au surf. Plus tard, cofondateur d’un magazine spécialisé sur ce sport, il le contacte pour l’interviewer. Il nous raconte ici la relation qu’il a nouée avec ce philosophe décidément ouvert sur le large.
Une rencontre, c’est quelque chose qui se plie et se déplie, qui voyage, rebondit à point nommé. Deleuze, ce fut tout d’abord une voix déclamant un extrait de Nietzsche sur un disque de Heldon (le groupe de Richard Pinhas), que j’écoutais en 1975, l’année de mon bac. Dans la foulée, à 18 ans, je suis parti, seul, voyager en auto-stop et comme équipier sur des bateaux à travers le monde. Je n’avais pas de destination, les circonstances seules étaient ma locomotion. Au bout de deux ans, je suis rentré à bon port. Étudiant autodidacte, je suis alors les cours de Deleuze à Vincennes, le mardi. Il parle de ses notions d’espace lisse et d’espace strié, de la vitesse, des nomades du désert…