« Hier, notre prof nous a parlé de Platon en des termes magnifiques, il nous a fait rêver avec sa théorie du ‘ciel des idées’...

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Cet article est issu du numéro 34 de Philosophie magazine « 34 - novembre 2009 », en kiosque le 29 octobre 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

...mais malgré tout ça, je ne vois pas du tout l’intérêt de ce cours. Je voudrais être platonicienne, agir en tant que tel, mais comment faire ? » Lucie de Bonello

Excellente question, d’autant que la philosophie grecque a souvent eu l’ambition de n’être pas seulement une spéculation théorique, mais bien une manière concrète de vivre. Être épicurien, ou stoïcien, ce n’était pas seulement penser en épicurien ou en stoïcien mais bien vivre, quotidiennement, en épicurien ou en stoïcien ; c’était accorder ses idées et ses journées. C’est d’ailleurs cette dimension pratique et existentielle de la philosophie antique qui s’est, pour l’essentiel, perdue à l’âge moderne, réservant la philosophie à quelques spécialistes. Il existe, selon Platon, dans un ciel bien réel (!) situé au-dessus de notre monde sensible, une seule idée de l’homme que le sage aspire à contempler avec les yeux de l’esprit, tandis que dans notre bas monde s’agitent une diversité d’hommes concrets, autant de versions dégradées de cette idée brillant, là-haut, dans toute son éternité, son immobilité et sa nécessité. De même, on trouve dans ce ciel des idées : une idée de la justice, de l’amitié… tandis qu’ici-bas, etc.

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