“Hôtel nomade”, “Le Bouddha derrière la palissade”, “Le Chant de l’être et du paraître”… (re)découvrez l'œuvre de Cees Nooteboom
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Cet article est issu du numéro 88 de Philosophie magazine « Où avez-vous la tête ? », en kiosque le 26 mars 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Cees Nooteboom est l’auteur d’une œuvre prolifique, dont seule une partie a été traduite en français – ce qui fait tout de même vingt-quatre titres disponibles chez Actes Sud, tous traduits avec beaucoup d’élégance par Philippe Noble.
Comment aborder cette œuvre ?
Mon conseil serait de commencer par un recueil de textes, Hôtel nomade, qui, même s’il est un peu disparate, permet de se promener dans les rues de Paris et de Venise, sur les îles d’Aran et autour des monastères japonais, en compagnie d’un Nooteboom au sommet de sa forme. Ensuite, l’itinéraire peut se poursuivre avec deux chefs-d’œuvre de concision poétique portant sur l’Asie, Mokusei !, histoire d’un amour impossible balancée entre Tokyo et Kyoto, et Le Bouddha derrière la palissade, récit fascinant qui décrit Bangkok en procédant par cercles concentriques. Du point de vue historique et politique, Une année allemande est une étape incontournable, car Nooteboom y médite brillamment sur les tragédies du XXe siècle et l’échec du communisme. Ce fut un best-seller en Allemagne. Les chemins de Compostelle sont explorés dans un texte nettement plus ample, Le Labyrinthe du pèlerin, cinq cents pages d’hymne à la culture espagnole. Pour le plaisir du regard, on peut se promener dans Tumbas, beau livre illustré par des photos de la femme de l’auteur, Simone Sassen, où Nooteboom rassemble toutes les notes qu’il a prises sur les tombes de poètes et de penseurs qu’il a vues partout dans le monde, comme celles de Robert Louis Stevenson aux îles Samoa ou de Walter Benjamin à Port-Bou. Ah ! et j’allais oublier : Le Chant de l’être et du paraître, histoire d’une rivalité entre deux écrivains qui est aussi une parabole sur les deux voies possibles de l’art, est l’un des textes les plus philosophiques de Nooteboom, bien qu’on n’y voyage pas.