Questionnaire de Socrate

Jacques. Faire feu de tout bruit

Temps de lecture : 2 min

Jacques. Faire feu de tout bruit

© Alice Moitié via Pain Surprises

Cet article est issu du numéro 148 de Philosophie magazine, en kiosque le 25 mars 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Faire se déhancher une foule en partant de sons d’objets du quotidien – verres qui s’entrechoquent, portes qui claquent… –, c’est l’un des tours de force de Jacques (Auberger), savant fou de la musique. Celui qui a aussi animé le label Pain surprises et le Centre national de recherche du Vortex a dévoilé en janvier le titre Alcaya (Logistic Records), prélude dansant à un « premier vrai album » annoncé à l’automne. Pour l’accompagner, il a écrit des textes d’inspiration philosophique et mis à profit le confinement pour « synthétiser ses idées » : « Je suis d’ailleurs étonné que vous me contactiez. J’avais fait le deuil d’une interview. » On s’est enfin calé sur son tempo.

 

Le lieu qui se rapproche le plus pour toi de la cité idéale ?

N’importe quelle ville dans laquelle on vient d’arriver. 

 

C’est quoi pour toi l’inspiration ?

Maîtriser les conditions dans lesquelles se livrent à moi des idées vertueuses. Des idées qui ne m’appartiennent pas. Quand tu es dans l’appropriation, le monde des idées se ferme. 

 

La question qui te tourmente ?

« Quel prêt va-t-on m’accorder pour que j’achète l’usine désaffectée de mes rêves ? » 

 

La chose dont tu n’as pas encore accouché ?

D’un album avec des paroles qui plaisent aux enfants et aux intellos du lycée. Je suis dessus. Et quand je serai vieux, devenir, à ma manière, une marque prêt-à-penser, comme BHL et Michel Onfray. 

 

Tes héros, plus jeune ?

Angus Young [guitariste d’AC/DC], Albert Einstein et Jésus.

 

La dernière chose qui t’a véritablement étonné ?

Je ne peux pas ne pas répondre le Covid. Cela dit, je sentais qu’il y aurait une urgence en 2020, mais j’ignorais qu’elle prendrait la forme d’un virus. 

 

Les penseurs qui t’accompagnent ?

François Roddier, un astrophysicien en thermodynamique qui fait des super parallèles entre la mécanique statistique, l’économie et les lois qui régissent le vivant. Il y a aussi Edgar Morin, avec son livre Penser global, et Eckhart Tolle, avec Le Pouvoir du moment présent. 

 

Une rencontre déterminante ?

Une fille trop stylée avec qui je viens de passer trois ans au Maroc.

 

Ce que tu retiens de ton éducation ?

De ma mère, je retiens que je suis une exception sur cette terre, et de mon père qu’il faut taffer. 

 

Le meilleur conseil qu’on t’a donné ?

« N’écoute que toi-même. » Conseil ultime de mon coloc à New York en 2016. Aussi paradoxal que l’impératif « désobéis-moi ». 

 

Que mettrais-tu au-dessus du plaisir ?

Le bonheur. Le plaisir, c’est assez bas : c’est se calmer par des facteurs extérieurs. Le bonheur, c’est le faire par ta propre volonté.

 

Prends-tu tes rêves au sérieux ?

Oui, et je finis toujours par rencontrer les gens qui m’obsèdent. Ça a été le cas avec Philippe Katerine, Matthieu Chedid et tout récemment [le rappeur] Jul.

 

Avec qui aimerais-tu dîner ?

Francis Mallmann, un cuistot franco-argentin, Bob Marley ou Sundar Pichai, le boss d’Alphabet, pour savoir ce qu’il a prévu pour les deux cents prochaines années !

Les concepts liés à cet article

FatalismeJoiePassionPlaisir