Jean-Claude Kaufmann. « La télévision impose une normalité »

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Cet article est issu du numéro 37 de Philosophie magazine « 37 - mars 2010 », en kiosque le 25 février 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Aujourd’hui, l’individu est pluriel, multifacette. Dans les différents contextes de sa vie (professionnelle ou affective), il ne cesse d’endosser des rôles qui ne se recouvrent pas toujours. Les possibilités et les espaces de l’invention de soi se diversifient, s’élargissent. La télévision est vécue par ceux qui y “vont” comme un intensificateur d’existence. C’est le fameux quart d’heure de célébrité d’Andy Warhol. La télévision est une bulle, un autre monde : le public, les candidats des émissions se fondent dans un rôle, précisément. Ils entrent progressivement dans la peau de quelqu’un d’autre. Dans “La Zone Xtrême”, on voit bien les ressorts et les mécanismes de ce processus. Une relation de confiance – fondamentale pour l’estime de soi – s’établit en amont avec le producteur, puis l’animatrice avec laquelle les participants échangent quelques mots avant le début du jeu. Ensuite, le dispositif du plateau, le mouvement des caméras, les applaudissements, etc., créent un contexte prenant, pesant, qui renforce la logique d’identification à un personnage. La puissance de la télévision, en général, et de ces jeux, en particulier, tient à ce qu’ils instaurent une normalité, dont il devient de plus en plus difficile de sortir.

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