Coup de fil

Jérôme Lèbre : la police a-t-elle un problème avec la violence ?

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Manifestation contre la loi “Sécurite globale” à Paris : évacuation de la place de la République, le 12 décembre 2020

Manifestation contre la loi “sécurite globale” à Paris : évacuation de la place de la République, le 12 décembre 2020. © Côme Sittler/REA

Mesure particulièrement polémique de la loi « sécurité globale », l’utilisation de drones pour filmer les manifestants a été suspendue par le Conseil d’État mardi. Revers, certes, pour le ministère de l’Intérieur, mais revers mineur : comme de nombreuses lois votées récemment, dans le cadre de l’état d’urgence notamment, le projet « sécurité globale » contribue à renforcer les outils de contrôle toujours plus nombreux d’une institution policière aux prérogatives toujours plus étendues. Veiller ou surveiller, discipliner ou réprimer, observer de loin ou aller au contact, agir au nom du droit ou le transgresser, assurer la cohésion de la société ou exercer sur elle un pouvoir de coercition… que fait au juste la police ? Un peu toutes ces choses à la fois. Tel est sans doute l’un des problèmes de l’institution policière, dont les prérogatives toujours plus étendues la pousse dans une zone floue aux confins de la loi, explique le philosophe Jérôme Lèbre qui, en réaction aux vidéos de plus en plus nombreuses de violences policières et au projet de loi « sécurité globale », a lancé sur sa chaîne YouTube une série d’interventions pour « penser la police ». Car c’est en pensant le pouvoir policier, son histoire, ses évolutions – et non en en restant aux invectives et aux anathèmes – que nous, citoyens, pouvons prendre à bras le corps le problème de la violence policière, et résister aux tentations sécuritaires toujours plus puissantes.

Mais que fait la police ? Notre entretien avec Jérôme Lèbre
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