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Kant, le meilleur ennemi de Deleuze

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Kant, le meilleur ennemi de Deleuze

Emmanuel Kant. © Domaine public - Gilles Deleuze. ©Hélène Bamberger/Opale.photo

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Kant a fondé son système sur le couple sujet/objet. Pour Deleuze, élire ce tandem comme horizon indépassable constitue une impasse qui étouffe la philosophie. La pensée doit se repenser. 

 

« Mon livre sur Kant, [...] je l’aime bien, je l’ai fait comme un livre sur un ennemi. » Peut-être même faut-il dire que le philosophe de Koenigsberg est le meilleur ennemi de Deleuze. À tel point qu’il lui emprunte le concept de « transcendantal », tout en lui accolant, comme par provocation, le mot d’« empirisme » que Kant cherchait à dépasser ! 

Tout le système kantien gravite autour d’un couple – sujet/objet – et d’un problème : comment le sujet peut-il connaître l’objet ? Comment se fait-il, demande Deleuze, que ce qui se donne dans la sensibilité puisse être pensé ? D’où vient l’harmonie entre les formes de la sensibilité (espace et temps) et les formes de la pensée (les catégories), « absolument hétérogène » ? 

Le sujet kantien « est fondamentalement fêlé, il est traversé par une espèce de ligne », « déchiré par ces deux formes qui le traversent et qui sont complètement irréductibles l’une à l’autre ». « Comment ça peut fonctionner, ce sujet claudiquant ? [...] Comment expliquer que des déterminations conceptuelles et des déterminations spatio-temporelles se correspondent alors qu’elles ne sont pas du tout de la même nature ? » La réponse de Kant tient en un mot, que reprendra Deleuze : « synthèse ». Des « opérations synthétiques » assurent l’harmonisation. « Le sujet [...] n’est rien d’autre que la synthèse, à savoir le point le plus mystérieux, la synthèse de ces deux formes. » Cet synthèse procède d’une faculté mystérieuse, à la croisée entre l’entendement et la sensibilité : l’« imagination productrice ». 

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