Tintin et les trésors de la philosophie

La Castafiore et la puissance des femmes

Temps de lecture : 1 min

La Castafiore et la puissance des femmes

© Hergé/Moulinsart 2020

La philosophie vous angoisse avec ses systèmes alambiqués, son vocabulaire compliqué et ses phrases obscures ? Et si vous vous laissiez guider par Tintin, Haddock, Tournesol et la Castafiore ? Éthique, politique, épistémologie, métaphysique : les aventures du plus célèbre reporter belge posent d’innombrables questions avec une simplicité déconcertante. Un véritable manuel de philosophie. C’est ce que nous avons essayé de montrer dans notre dernier numéro hors-série, Tintin et le trésor de la philosophie.

Prenez un exemple : la révolution féministe au prisme de la Castafiore. « J’aime trop les femmes pour les caricaturer », affirmait Hergé. Et il est vrai que les aventures de Tintin dessinent un univers essentiellement masculin où les femmes sont confinées à des rôles de concierges acariâtres ou de compagnes fragiles des hommes. Sauf qu’il y a la Castafiore, le « rossignol milanais », la cantatrice mondialement célèbre dont la voix brise le verre… et neutralise l’énergie de Tintin autant que la colère de Haddock. Nez anguleux, menton cabossé, voix insupportable, celle qui se croit « si belle en ce miroir » semble à première vue confirmer tous les préjugés contre les femmes. Et pourtant, à y regarder de plus près, ce personnage est en réalité ambivalent et même assez subtil. À suivre Manon Garcia, qui y voit une « métaphore de ce qu’il y a d’insupportable pour les hommes dans la voix et la parole des femmes », on peut découvrir dans cette puissance mêlée de vulnérabilité l’une des premières incarnations de ce que les Anglo-Saxons appellent « l’empowerment » féminin. Explications à découvrir ici.

Le portrait de la Castafiore par Manon Garcia
Les concepts liés à cet article

ComprendreMétaphorePhénoménologie