Reportage

La démocratie du porte-à-porte

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La démocratie du porte-à-porte

Lundi 24 juin 2024, Arnaud, monteur-son et compositeur pour le cinéma, parle du programme du NFP avec les jeunes à Torcy (77). “La plupart des gens qu’on rencontre sont très peu informés.” © Victorine de Oliveira

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Dans la 8e circonscription de Seine-et-Marne, la course est serrée entre le député sortant Renaissance et le candidat du Nouveau Front populaire. Pour l’emporter, le premier organise des réunions publiques tandis que les partisans du second font du porte-à-porte. Quelle méthode l’emportera ? Reportage. 


 

Devant la gare RER de Torcy (Seine-et-Marne), le soleil claque les rayons d’un été tant attendu, après des semaines de pluie et de grisaille. Mais si certains voyageurs semblent plus en ébullition que d’autres, ce n’est pas pour cette raison. Ils ne savent pas exactement où ils vont, ni qui retrouver. Ils n’ont qu’une consigne, donnée quelques heures plus tôt sur les réseaux sociaux, pour une session de porte-à-porte géant en soutien au candidat EELV (soutenu par le Nouveau Front populaire) de la 8e circonscription de Seine-et-Marne, Arnaud Bonnet. Si ce groupe d’une dizaine de personnes venues essentiellement de Paris s’est déplacé, c’est que cette circonscription, comme plusieurs dizaines d’autres, a été identifiée comme « en tension » et comme l’un des lieux clés où le siège de député pourrait basculer. Face au député sortant Hadrien Ghomi (Renaissance), Arnaud Bonnet a en effet perdu en 2022 d’une seule et unique voix, avec un taux d’abstention de presque 60%. À cela s’ajoute la percée historique du Rassemblement national, arrivé en tête des élections européennes dans le département, avec 33,7% des voix. Quel que soit le camp, rien n’est joué.

Si « les petits Parisiens », comme les appelle Amina, sont un peu perdus à l’arrivée, elle a tôt fait de les briefer en leur collant un paquet de tracts à la main et un grand sourire en guise d’accueil. Amina est militante LFI, habitante du quartier, venue épauler Arnaud Bonnet dans cette campagne éclair qui a nécessité de « monter une petite entreprise en à peine quelques jours ». Dans une circonscription qui compte 22 villes et villages, celui qui est habituellement professeur de SVT reconnaît avoir « besoin de bras et de pieds ». L’heure n’est pas aux meetings qui demandent trop de moyens et des locaux prêtés par les mairies – « Seuls deux maires me soutiennent », précise Arnaud –, il faut aller chercher individuellement chaque électeur. Grâce à une mobilisation en arborescence sur les réseaux sociaux, ces petites mains prêtent quotidiennement main forte. C’est au point que l’aspirant député semble ne pas en revenir, de disposer de cette armée miniature débarquée parfois de sa journée de travail pour l’aider, sans même qu’un quelconque appareil de parti n’ait eut à lever le petit doigt. Amina connaît bien le quartier, désigne un ensemble d’immeubles non loin : « On va commencer par là, on n’a pas eu le temps hier. » Le groupe s’ébranle, prend le temps de faire connaissance – certains se retrouvent d’actions précédentes et motivent les autres avec les résultats obtenus. Hasard peut-être, le premier immeuble se trouve rue Léon Blum.

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