Santé

La fatigue d’être soi en temps de confinement

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La fatigue d’être soi en temps de confinement

© Javi Hoffens/Unsplash

La santé mentale des Français se dégrade dangereusement. Ce sont en tout cas les conclusions de l’agence nationale Santé Publique France. Selon elle, le nombre de personnes dans un état dépressif a doublé, passant de 10 % à 21 % de la population (soit un Français sur cinq !) entre fin septembre et début novembre. « Ras-le-bol, stress, anxiété, déprime… L'impact psychologique est réel, a indiqué le ministre de la Santé, Olivier Véran. Tout le monde n'en souffre pas, mais chacun peut être concerné. » Il a annoncé un renforcement des cellules d'écoute et des recrutements de psychologues.

Pathologie qui touche l’individu dans la singularité de sa psyché, la dépression semble avoir pris une dimension collective, avec la pandémie de Covid-19. Comment expliquer que ce phénomène soit devenu massif ? Quels sont les liens possibles entre dépression et société ? 

Pour le comprendre, nous avons interrogé le sociologue Alain Ehrenberg, auteur de La Fatigue d’être soi (Odile Jacob, 1998). Il souligne que la dépression est un phénomène collectif connu depuis une quarantaine d’années, dans lequel les individus sont en « panne d’action » brutale alors qu’on attend d’eux autonomie et esprit d’initiative. Le ralentissement global créé par le confinement a mis en lumière notre « dépendance » à l’accélération et à la « frénésie » de la vie moderne, alors même que cette activité intense génère en parallèle du stress et de l’angoisse. 

Entretien avec Alain Ehrenberg
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