Économie
La fin du découvert, ou comment humilier les endettés ?
© Landsmann/Unsplash
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Alors qu’elle permettait à un très grand nombre d’affronter les fins de mois, l’autorisation de découvert sur les comptes en banque sera rendue beaucoup plus difficile à compter de l’année prochaine. Nous avons interrogé des usagers du « négatif » sur une réforme qui risque d’accentuer leur angoisse et leur solitude.
« Être dans le rouge. Basculer dans le négatif. » Les termes ne manquent pas pour désigner la situation d’urgence que représente le moment où l’on est à découvert. Pourtant, le cas de figure n’a rien d’exceptionnel. Le découvert régulier concerne 38% des Français, comme le rappelle le baromètre annuel du pouvoir d’achat publié par Ipsos en octobre 2025. À partir de novembre 2026, le chiffre va sans doute baisser. Non parce que les gens vont s’enrichir, mais parce que les critères d’accessibilité au découvert vont se durcir à la suite de l’adoption et à la transposition dans la loi française d’une ordonnance européenne. Désormais, toute personne dont le solde négatif excède 200 euros devra passer par une commission bancaire chargée d’analyser sa solvabilité. Dans certains cas, les découverts pourront par ailleurs être requalifiés en « crédits à la consommation ». Bref : c’est la fin du « découvert automatique ».
Si la mesure est d’ores et déjà très impopulaire, c’est parce que le découvert fait partie de la vie quotidienne de nombreux Français. Il est intégré à leurs dépenses quotidiennes, au point de devenir indispensable pour affronter la fin du mois dans un contexte d’inflation. Comme l’indique également le sondage Ipsos, 1 actif sur 3 a renoncé à se faire soigner, et 1 parent sur 5 n’a pas pu subvenir aux besoins essentiels de ses enfants. La hauteur moyenne du découvert est de 411 euros par mois, chiffre qui atteint son plus haut niveau depuis 2016. Non seulement les Français vivent à découvert, mais leur niveau de découvert n’a jamais été aussi élevé.