Le diable dans les détails

La grande évasion… fiscale

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La grande évasion… fiscale

(cc) Pixabay

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Cet article est issu du numéro 54 de Philosophie magazine « 54 - novembre 2011 », en kiosque le 27 octobre 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Endettées, les nations ont besoin de rentrées d’argent. Mais comment faire lorsque des sommes énormes échappent, frauduleusement ou non, à l’impôt ? Légaliser, comme un État proxénète, ou réprimer, comme un État policier ?

La crise de la dette grecque fait prendre conscience par ricochet des problèmes de l’évasion fiscale. Beaucoup d’États ont accumulé les déficits à force de remplir leur rôle d’État providence (prestations sociales, Sécurité sociale, budgets militaires, administration et sécurité), de dépenser sans compter (gaspillages), mais aussi faute de lever les impôts qui auraient permis l’équilibre budgétaire.

L’insuffisance des rentrées fiscales peut tenir à des raisons politiques. Les gouvernements choisissent de mener une politique dispendieuse, mais indolore pour les électeurs. Cela s’appelle « raser gratis » et laisser les dettes à ceux qui viendront après. Elle peut tenir à l’impossibilité de faire rentrer plus d’argent dans un système fiscal injuste qui demanderait une remise à plat pour avoir un meilleur rendement. C’est en grande partie le cas de la France : à force d’ajouter des mesures catégorielles électoralistes ou imposées par les lobbies, on a multiplié exemptions et niches fiscales si bien que toute augmentation des impôts « en l’état » revient à pressurer un peu plus ceux qui en paient déjà l’essentiel, les salariés.

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