Analyse. Impôts
Thomas Piketty. « Il y a un fort risque de révolte fiscale »
© Plonk & Replonk pour PM
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Cet article est issu du numéro 48 de Philosophie magazine « 48 - avril 2011 », en kiosque le 30 mars 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Économiste proche du parti socialiste, Thomas Piketty est l’un des auteurs de « Pour une révolution fiscale », ouvrage dans lequel il plaide pour la création d’un nouvel impôt sur le revenu, fusionné avec la CSG, et prélevé à la source.
Vous proposez de révolutionner l’impôt. Sur quels principes philosophiques vous fondez-vous ?
Le principe premier est celui de la transparence démocratique. Nous voulons que les citoyens s’approprient l’impôt, c’est-à-dire qu’ils comprennent comment les prélèvements sont organisés. Autrement, le choix fait par les sociétés européennes de consacrer un niveau très élevé de prélèvement obligatoire (la moitié du PIB) afin de financer un niveau important de services publics et de protection sociale n’est plus tenable. Le système est contesté de partout : la globalisation créé une concurrence fiscale entre les États et les citoyens, qui connaissent une faible croissance de leur pouvoir d’achat, ne sont plus prêts à payer n’importe quoi. Or, sans acceptation du système, il y a un fort risque de révolte fiscale.