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Du « Chien » misérable au requin de la finance

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Du « Chien » misérable au requin de la finance

© Olivier Marbœuf pour PM

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Cet article est issu du numéro 30 de Philosophie magazine « 30 - juin 2009 », en kiosque le 28 mai 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

S’affichant dans des domaines aussi divers que l’art ou la finance, le cynisme contemporain semble dénaturer l’esprit du cynisme antique. Mais est-ce si flagrant ?

« Fils de banquier, Diogène est un contempteur des pouvoirs aliénants de l’argent et préconise, dans sa République, de remplacer la monnaie fongible par des osselets… Dès lors, il est étonnant de constater que l’une des figures emblématiques du cynisme contemporain est le capitaliste sauvage : le philosophe-chien s’est effacé devant le requin de la finance ! Le ressort du cynisme économique réside dans la prééminence accordée à l’intérêt privé par rapport au bien social. C’est le cas du chef d’entreprise qui licencie massivement alors que la cote de son entreprise s’envole à la Bourse. Le cynique actuel, au lieu de contester les normes à l’instar du cynique antique, exploite rationnellement les ressources du système mis en place. Ainsi, le manager, mandaté par les actionnaires pour contrôler les intérêts de sa firme, emploie des stratégies qui ne visent qu’à maximiser la valeur de ses stock-options. Cet instrument est le comble du cynisme, car il encourage les managers à spéculer par seul appât du gain. Et si leurs prises de risque échouent, il leur reste les parachutes dorés… Devant les aberrations de la finance mondialisée, il semble indiqué de reprendre le bâton de Diogène : le roi est nu, critiquons-le sans retenue ! Et il est possible d’ajouter une bonne dose de scepticisme pyrrhonien au moment d’envisager la refondation du système. »

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