Cinéma
Usine à cauchemars
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Cet article est issu du numéro 7 de Philosophie magazine « 7 - mars 2007 », en kiosque le 22 février 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Bug va secouer les plus blasés. Plus de trente ans après L’Exorciste, William Friedkin livre une vision très contemporaine de la folie, comme un remède contre un réel irrationnel et misérable.
Jusqu’où descend l’Amérique profonde ? Certainement pas plus bas que le Rustic Motel, Oklahoma, où croupit Agnès (Ashley Judd), beauté ternie par la misère et l’alcool. Serveuse dans un bar, son ennui est troublé par la menace de la sortie de prison d’un mari ultra-violent. Ou par la souffrance d’avoir perdu son fils, un jour, dans un supermarché. Invité par une amie d’Agnès à faire tapisserie lors d’une soirée coke, le taciturne Peter (Michael Shannon) n’a pas l’allure d’un prince charmant, mais il rassure Agnès. « Je remarque des choses qui ne se voient pas », lui confie-t-il. Des choses, soit ces millions d’insectes (bug en anglais) qui envahissent la chambre du motel. Peu à peu, Peter révèle qu’il a été cobaye d’expériences médicales dans l’armée américaine. L’amour naît alors entre les deux âmes solitaires, qui n’ont bientôt plus besoin de personne. Peter, le fugitif, est un monde, un mécanisme, à lui tout seul. Agnès le suivra-t-elle dans son délire ?