La guérison par l'éthique

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Cet article est issu du numéro 106 de Philosophie magazine « De quoi la gauche est-elle malade ? », en kiosque le 19 janvier 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Comment le théoricien du corps-machine envisage-t-il les maux de l'âme et les passions ?

« J’ai coutume de refuser d’écrire mes pensées touchant la morale », confie Descartes dans une lettre. En 1646, il déclare même : « Je crois que le mieux que je puisse faire dorénavant est de m’abstenir de faire des livres. » Il déroge pourtant à cette règle à la demande de la princesse Élisabeth, qui le questionne sur des problèmes éthiques, et écrit un premier texte à l’hiver 1645-1646. Il souhaite par ailleurs l’aider à guérir son âme. Celle-ci, prise dans divers tourments politiques et familiaux, se plaint de problèmes de santé. Le philosophe diagnostique : « La cause la plus ordinaire de la fièvre lente est la tristesse. » Il remet son manuscrit définitif avant de partir pour la Suède, deux ans plus tard. Après une vie essentiellement consacrée à la physique et aux mathématiques, le philosophe et scientifique se penche sur les passions, en tentant d’abord de comprendre leur origine et leurs effets sur cette « machine » qu’est le corps humain. La première partie met en avant un anatomiste plus qu’un moraliste : les passions « se rapportent particulièrement à l’âme ». Or, bien que l’âme soit « unie à toutes les parties du corps conjointement », on peut plus précisément la localiser dans « une petite glande dans le cerveau », la glande pinéale. La deuxième partie est consacrée à un dénombrement et une typologie des passions – admiration, désir, amour, haine, envie, remords, etc. La troisième et dernière partie se penche sur quelques passions particulières, dont l’estime de soi, qui est une catégorie de l’admiration. Descartes définit cette dernière comme « une subite surprise de l’âme, qui fait qu’elle se porte à considérer avec attention les objets qui lui semblent rares et extraordinaires ».

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