Ukraine / Histoire
La guerre des mémoires
Photo prise à Kiev le 28 octobre 2013 (cc) Stefan Krasowski / Flickr
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Cet article est issu du numéro 78 de Philosophie magazine « 78 - avril 2014 », en kiosque le 27 mars 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Alors que le monde a les yeux braqués sur l’Ukraine, l’histoire de ce pays, tiraillée entre nazis et communistes staliniens, aide à comprendre les ressorts d’une crise géopolitique majeure.
Depuis le début de l’insurrection proeuropéenne, on assiste à une épidémie de « chutes de Lénine » (Leninopad en russe). Des dizaines de statues du guide de la révolution bolchevique ont été déboulonnées. Mais dans certaines villes de l’Est russophone, une partie de la population, au contraire, les défend toujours. Il a donc fallu vingt ans après la chute de l’URSS pour que tombent les symboles du pouvoir communiste.
Au même moment, les représentants du Kremlin brandissent le nom de Stepan Bandera, chef nationaliste ukrainien un temps allié aux nazis, pour prouver la nature d’après eux foncièrement nazie et antisémite du mouvement prodémocratique – ce que dément la réalité, hétérogène et démocratique, du Maïdan. Enfin, certains analystes ou officiels occidentaux comparent l’attitude russe à celle de Hitler face aux Sudètes.