International / Géopolitique
Menaces de la Russie sur l’Ukraine : vers une "attaque préventive" ?
Sotchi (Russie), le 7 décembre 2021. Vladimir Poutine en conférence vidéo avec Joe Biden. © Mikhail Metzel/Sputnik/AFP
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Cet article est issu du numéro 156 de Philosophie magazine « C’est quoi un bon Français ? », en kiosque le 13 janvier 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
En affirmant qu’une adhésion de l’Ukraine à l’Otan menacerait la Russie, Vladimir Poutine se range sous la bannière de Thomas Hobbes, qui justifie la guerre préventive. Est-ce un bon raisonnement ?
Le 21 décembre dernier, le président russe Vladimir Poutine déclarait : « Au cas où les collègues occidentaux poursuivraient sur leur ligne clairement agressive, nous devrions prendre des mesures réciproques adéquates, militaires et techniques. » À l’heure où nous écrivons ces lignes, plus de 100 000 soldats russes sont massés aux frontières de l’Ukraine. Faut-il craindre une agression russe ?
Le Kremlin déploie depuis quelques semaines une nouvelle argumentation face à Joe Biden et aux dirigeants occidentaux. Alors que l’Ukraine, depuis la révolution démocratique du Maïdan de 2013-2014, se tourne vers l’Occident, Poutine considère que cette ancienne république soviétique appartient à sa sphère d’influence. La ligne de Moscou est la suivante : l’idée même d’une adhésion de l’Ukraine à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) est vue par la Russie comme une atteinte directe à sa sécurité, qui justifie pleinement, selon elle, une intervention préventive. Tant que les États-Unis ne refuseront pas explicitement la perspective d’une entrée de Kiev dans l’Otan, la Russie se permettra de menacer son voisin d’une agression militaire. Washington réplique que l’adhésion d’un pays à une alliance militaire ne concerne en rien un tiers et que toute nation – surtout si elle a souffert de soixante-dix ans d’occupation soviétique – a le droit d’être protégée contre les velléités impérialistes d’un « grand frère » plus puissant que lui.