Crise en Ukraine

Comment dit-on “doctrine Monroe” en russe ?

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Comment dit-on “doctrine Monroe” en russe ?

Aérodrome de l'armée américaine à Fort Bragg, en Caroline du Nord, le 3 février 2022. Les États-Unis prévoient de déployer 3 000 soldats pour fortifier les forces de l'Otan en Europe de l'Est, craignant que la Russie n'envahisse l'Ukraine. ©Allison Joyce / AFP

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Pour évoquer la crise qui oppose les États-membres de l’Otan et la Russie autour du sort de l’Ukraine, les médias américains évoquent souvent la « doctrine Monroe », selon laquelle les États-Unis disposent d’un droit de regard privilégié sur la géopolitique de leur propre continent. Vladimir Poutine a-t-il repris à son compte ce concept vieux de deux siècles ? Et cette comparaison n’est-elle pas un facteur de division supplémentaire dans une Amérique déchirée politiquement ? Nous vous aidons à y voir plus clair dans ce trouble jeu d’influences.

 

Le 2 décembre 1823, le président américain James Monroe estime, dans son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès, que le continent américain ne peut être envisagé comme la cible « d’une future colonisation de la part de quelque puissance européenne que ce soit ». Évoquant la décolonisation en cours de l’Amérique latine, région dont les Américains « ont toujours été des spectateurs inquiets et intéressés », il avertit que son pays, au nom de la « sincérité » et des « relations amicales » qu’il entretient avec les puissances européennes, considérera « toute tentative de leur part d’étendre leur pouvoir à une portion de cette hémisphère comme un danger pour [sa] tranquillité et [sa] sûreté », comme le signe d’une « disposition inamicale envers les États-Unis ». En échange, rappelle-t-il, ces derniers s’engagent à en faire de même envers le Vieux continent :

« Notre politique concernant l’Europe, adoptée dès le début des guerres qui ont depuis si longtemps agité ce quart de la planète, demeure néanmoins la même, à savoir de ne pas interférer dans les affaires internes d’une de ses puissances ; de considérer le gouvernement de fait comme le gouvernement légitime à nos yeux ; de cultiver des relations amicales avec lui et de les préserver par une politique franche, ferme et virile, satisfaisant systématiquement les justes exigences de chaque puissance tout en ne laissant aucune nous porter préjudice. »

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