International
Faut-il étendre l’Otan au monde entier ?
© Marek Studzinski/Unsplash
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Le rêve d’une « Otan mondiale » n’est pas neuf : il a été théorisé il y a près de vingt ans, dans la lointaine lignée des projets de paix perpétuelle d’un Emmanuel Kant. Il pose surtout la question de la vocation de l’Otan, et plus largement de la définition du projet atlantiste, entre réalisme et idéalisme.
Le débat autour d’une « Otan mondiale » a été nourri par la publication d’un article sous ce titre, à l’automne 2006 dans la prestigieuse revue Foreign Affairs, signé de deux spécialistes des relations internationales, James Goldgeier et Ivo Daalder, futur représentant des États-Unis auprès de l’Otan. Pour eux, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord est déjà « mondiale » dans ses missions, avec par exemple la guerre en Afghanistan en 2001 : « Conçue pour protéger l’Europe occidentale de l’après-guerre vis-à-vis de l’Union soviétique, l’alliance cherche maintenant à apporter la stabilité dans d’autres parties du monde. »
Mais les deux auteurs pensent que l’organisation doit aller plus loin, c’est-à-dire ouvrir ses portes « à tout État démocratique, partout dans le monde, prêt à et capable de contribuer à l’accomplissement [de ses] nouvelles responsabilités ». Ce qui signifierait une révision de son traité fondateur, qui exclut l’élargissement à des États non européens. L’Otan aurait vocation à s’ouvrir à l’Australie, au Brésil, au Japon, à l’Inde, à la Nouvelle-Zélande, à l’Afrique du Sud, à la Corée du Sud...