Monde / Géopolitique
Faut-il étendre l’Otan au monde entier ?
© Marek Studzinski/Unsplash
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Cet article est issu du numéro 160 de Philosophie magazine « Penser, c’est dire non ? », en kiosque le 02 juin 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Alors que la Finlande et la Suède demandent à entrer dans l’Otan, le rêve d’une organisation de défense mondialisée réapparaît. Théorisée il y a près de vingt ans, elle s’inscrit dans le projet de paix perpétuelle élaborée par Emmanuel Kant.
Fin avril, face à la menace russe, la secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères Liz Truss a affirmé, sans aller jusqu’à demander son élargissement hors de l’Europe, la nécessité d’une « Otan mondiale », devant même agir de manière « préemptive » face aux risques dans la région indo-pacifique. Ce rêve n’est pas neuf. Il a été théorisé, de manière encore plus ambitieuse, à l’automne 2006 dans un article de la revue Foreign Affairs, signé de deux spécialistes des relations internationales, James Goldgeier et Ivo Daalder. Pour eux, l’Otan est déjà « mondiale » dans ses missions : « Conçue pour protéger l’Europe occidentale de l’après-guerre vis-à-vis de l’Union soviétique, l’alliance cherche maintenant à apporter la stabilité dans d’autres parties du monde. » Mais, selon les deux auteurs, elle doit aller plus loin et ouvrir ses portes « à tout État démocratique, partout dans le monde, prêt à et capable de contribuer à l’accomplissement [de ses] nouvelles responsabilités ». Ce qui signifierait une révision de son traité fondateur, qui exclut l’élargissement à des États non européens.