Le livre du jour
“La Honte est un sentiment révolutionnaire”, de Frédéric Gros
© Albin Michel
La honte est un affect caractéristique de notre temps. Poison de l’âme qui mine l’estime de soi, elle est notamment au cœur des luttes contre les violences sexuelles et toutes les formes de discriminations (« la honte doit changer de camp »). Mais faut-il vraiment toujours avoir honte d’avoir honte ? La honte ne serait-elle pas, par certains aspects, un levier d’action personnel et collectif, à valoriser en tant que tel ?
C’est la thèse de Frédéric Gros, philosophe et professeur à Sciences Po, dans son nouveau livre La Honte est un sentiment révolutionnaire (Albin Michel, 2021). L’auteur du remarqué Désobéir (Albin Michel, 2017), spécialiste de Michel Foucault, creuse ce sillon de la révolte en analysant les ressorts psychologiques, sociaux et politiques de la honte : « On se bat à la fois par honte et pour ne plus avoir honte. » Cet essai est aussi l’occasion de repenser la honte sous un angle autre que moral, ce que la philosophie a trop souvent rechigné à faire, selon l’auteur. Revigorant.
La Honte est un sentiment révolutionnaire, de Frédéric Gros, vient de paraître chez Albin Michel. 234 p., 18 euros, disponible ici.