Revue de presse
La mort en face
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 51 de Philosophie magazine « 51 - été 2011 », en kiosque le 30 juin 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Il y a des gens qui espèrent mourir durant leur sommeil. Pas moi. Je ne regrette pas d’avoir été inconscient à ma naissance, mais j’espère être là tout entier à ma mort. Ma naissance n’a pas représenté grand-chose dans ma vie, excepté qu’elle en a été le point de départ, alors que ma mort signifiera bien plus que le point final. J’ai eu cela en tête d’une manière ou d’une autre depuis que j’ai appris ce qu’est la mort ; Je m’en suis étonné, je me suis inquiété, une ou deux fois je l’ai même désirée et dans tous les cas, je n’ai jamais cessé d’en sentir la présence dans mon futur.
On pense habituellement à la mort comme à quelque chose d’abstrait. Mais, à un moment, j’ai compris que j’aurai une mort particulière, ma propre mort en fait. Depuis cette révélation, je suis devenu très possessif à son propos. La mort est un événement capital dans une vie et je suis bien décidé à y participer. »