Face à la mort
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Cet article est issu du numéro 38 de Philosophie magazine « 38 - avril 2010 », en kiosque le 25 mars 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La mort nous prend tous au dépourvu. C’est peut-être l’enfant qui, face à elle, parvient à raconter les meilleures histoires, confie Philippe Forest, écrivain et critique, auteur, entre autres, de L’Enfant éternel.
La mort d’un enfant est un comble. Je veux dire qu’elle porte à son comble le malheur de mourir qui est le même pour tous. C’est pourquoi elle a toujours l’air d’une mauvaise plaisanterie, d’un tour cruel que joue à l’humanité quelque dieu méchant, ne donnant la vie que pour la reprendre aussitôt et sans laisser le temps d’en profiter même un peu. J’écris tout cela aussi simplement que je peux, comme si je m’adressais à un enfant pour lui expliquer ce qu’est la mort, sans aller chercher dans ma bibliothèque les livres inutiles et compliqués qu’il ne comprendrait pas. Et je me rends gentiment ridicule, forcément. Car, ce qu’est la mort, bien sûr, je ne le sais pas davantage. Il se trouve même, en ce qui me concerne, que tout ce que j’ai appris d’elle, c’est précisément d’un enfant que je le tiens. Sinon pour faire l’intéressant, quel sens cela aurait-il de parler de la mort d’un enfant avec des mots trop difficiles pour qu’un enfant les entende ?