La plus surréaliste des rencontres
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Cet article est issu du numéro 51 de Philosophie magazine « 51 - été 2011 », en kiosque le 30 juin 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
À l’origine de la révolution surréaliste, il y a l’accueil du hasard au cœur du processus de création. Ou encore l’art de transformer l’événement fortuit en une nécessité essentielle.
Qu’ils pratiquent les collages de mots découpés dans des journaux, le cadavre exquis, qu’ils se livrent à des exercices d’écriture automatique ou dictent des poèmes en état d’hypnose, les surréalistes n’ont eu de cesse de jouer avec le hasard. « La beauté sera convulsive ou ne sera pas », déclare Breton dans L’Amour fou. Son avant-garde parie sur une esthétique du jeu, de la perte de maîtrise, du surgissement de l’inattendu. Nul étonnement, dès lors, que la revue surréaliste Le Minotaure – éditée par Albert Skira de 1933 à 1939 – ait consacré son troisième numéro au thème du hasard. André Breton et Paul Éluard ont envoyé deux questions à trois cents de leurs amis, et collecté cent quarante réponses. Florilège.
Pouvez-vous dire quelle a été la rencontre capitale de votre vie ? Jusqu’à quel point cette rencontre vous a-t-elle donné, vous donne-t-elle l’impression du fortuit ? du nécessaire ?