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La politesse de la forme d’Uji à Ōtsu

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La politesse  de la forme  d’Uji à Ōtsu

Cerisiers en fleurs au-dessus du pont pédestre Asagiri, qui enjambe la rivière Uji. © DR

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Son goût herbeux serait l’incarnation par excellence de la cinquième saveur, chère aux Japonais. Le matcha, ce thé moussu au vert éclatant, a le goût inimitable de l’umami, un charme discret aux côtés du sucré, du salé, de l’acide et de l’amer. S’il a séduit les cuisiniers hors du Japon, c’est au cœur de l’archipel, tout près de Kyōto, qu’il est cultivé depuis le XIIe siècle. À Uji, précisément. D’abord en plein air, les plantations sont ensuite abritées de la lumière, selon une méthode originale, pour en réduire l’amertume. Les feuilles, sont passées à la vapeur et séchées, avant d’être broyées en poudre, sans les tiges ni les nervures. Le moine zen Murata Shukō codifie la con-sommation du breuvage au XVe siècle. Considérée comme un art, la cérémonie du thé – cha no yu – réclame temps et attention. Elle est une affaire de gestes, apparemment simples mais extraordinairement sophistiqués. Si, à Uji, des maisons de thé proposent de s’y initier, elle se pratique également dans les temples. Voyez le Kōshō-ji, le monastère zen d’Uji. Le chemin qui y mène, le Kotozaka, réputé pour sa beauté, se pare, surtout à l’automne et au printemps, de couleurs remarquables. Ici, les moines pratique le zazen – littéralement, le zen assis. Ils font l'expérience d’une transformation physiologique plutôt que d’une méditation intellectuelle, à l’inverse du dualisme occidental qui sépare le corps et l’esprit. Le cha no yu participe de cette discipline qui trace une voie spirituelle.

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