Laisser une trace

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 108 de Philosophie magazine « Pourquoi tout peut arriver », en kiosque le 23 mars 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Poser le pied sur des sols encore inviolés, c’est encore possible ? Et, au fond, qu’est-ce qui nous y pousse ?

C’était à l’époque préhistorique – ou « préadamique », si l’on tient à parler comme un théologien. L’homme n’avait pas encore initié son entreprise d’asservissement du monde (ceci, les ecclésiastiques ne le disent pas). Au Pléistocène, la Terre ressemblait à un laboratoire sauvage, bruissant de vie et de menace, où Homo erectus s’employait à durer. Il croisait dans la savane, la forêt, la steppe aride. Il poussait ses feux, foulait pour la première fois le sol de certains territoires. On a retrouvé des traces de ses pas fossilisées dans un désert d’Érythrée. L’empreinte d’un hominidé est un aussi « grand pas pour l’humanité » que celle de Neil Armstrong sur le sol lunaire en juillet 1969. Notre ancêtre bipède, bien qu’il eût à essuyer les plâtres de la vie sur Terre, passa sans presque laisser de trace. C’est là sa noblesse.

Cet article est réservé aux abonnés