Le cèdre magique du Liban vu par Chris Younès
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Ayant passé toute mon enfance dans une ferme familiale solitaire en pleine campagne de Haute-Loire, j’ai vécu au milieu des arbres : la grande forêt sur la côte Charlemagne mêlant conifères (pins et sapins) à quantité de feuillus, notamment les protecteurs fayards ou hêtres dont les fruits ont pu jadis venir en aide lors des famines. Mais aussi les vernes ou aulnes accompagnant la rivière poissonneuse Lioussel, les lilas et les groseilliers le long du vieux mur de pierre sèche, les noisetiers et les buissons sous les rochers en direction du gouffre, protégeant le royaume des renards, sans oublier les impressionnants frênes communs qui ont poussé dans un pré derrière l’habitation ainsi qu’au beau milieu des ruines du moulin jouxtant la maison. Les jours de canicule, ils apportaient leur fraîcheur, mais il était bien recommandé de ne pas s’endormir sous leur feuillage pour éviter de « prendre mal ».