Revue de presse
Le cri du petit pois
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Cet article est issu du numéro 60 de Philosophie magazine « 60 - juin 2012 », en kiosque le 28 juin 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Imaginez un être capable d’analyser, de se souvenir et de partager de l’information – un être avec des potentialités qui lui sont propres et vivant dans un monde qui est le sien. Avec une aussi brève description, la plupart d’entre nous penseront à un humain, le cas échéant, à un animal, mais pratiquement personne ne songera à une plante. Pourtant, le Pisum sativum, plus connu sous le nom de petit pois, fait partie des candidats possibles. Des chercheurs du Jacob Blaustein Institute for Desert Research (Israël) ont révélé qu’un plant de pois soumis à une sécheresse forcée communique aux pois qui l’entourent de l’information sur son pénible sort. En d’autres termes, il envoie un message biochimique à ses voisins pour qu’ils se préparent à affronter la menace. […] Ce type de recherche devrait nous amener à repenser nos relations aux plantes. Est-il moralement licite d’instrumentaliser des êtres vivants qui, certes, ne possèdent pas un système nerveux central, mais sont capables de communiquer et d’apprendre, fût-ce à un niveau élémentaire ? […] Les préoccupations éthiques ne sont jamais des problèmes résolus une fois pour toutes ; elles nous mettent mal à l’aise et parfois, quand l’aiguillon de la conscience est trop fort, elles nous empêchent de dormir. »