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Le démariage pour tous
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Cet article est issu du numéro 99 de Philosophie magazine « Nomades contre sédentaires », en kiosque le 28 avril 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Jamais il n’y a eu aussi peu de mariages, jamais on ne s’est marié si tard, jamais on a autant divorcé… et jamais l’espace du couple, de la reproduction sexuée et de la famille n’a été aussi important pour les individus ! Tels sont les enseignements paradoxaux qui se dégagent des dernières études sur le mariage. Selon la plus récente, publiée par l’Insee, le nombre de mariages en 2015 s’établit à 239 000, soit moitié moins qu’en 1946. Mais le nombre des unions libres augmente, lui, symétriquement, passant de 338 000 en 2005 à 398 000 en 2015. Une tendance que l’on observe dans toute l’Europe et aux États-Unis. Seul un homme et une femme sur deux se marieront dans les générations à venir. Deux ans à peine après la promulgation du mariage pour tous, même les mariages entre personnes de même sexe diminuent, passant de 10 500 en 2014 à 8 000 en 2015. Tandis que l’âge moyen du mariage (autour de 30 ans contre 20 ans dans les années 1930) recule, le taux de divorce se stabilise (autour de 44 %), et le taux des naissances hors mariage explose (près de 60 %).