Moyen-Orient / Guerre

Le “dôme de fer” israélien est-il une sphère d’immunité ?

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Le “dôme de fer” israélien est-il une sphère d’immunité ?

Au-dessus de la bande de Gaza, dans la nuit du 14 mai 2021. Le système de défense antimissile israélien “Dôme de fer” (à g.) se prépare à intercepter des roquettes (à dr.) tirées par la milice terroriste Hamas vers le sud de l’État d’Israël depuis la ville de Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, comme on peut le voir dans le ciel nocturne. La réactivité du système de défense est quasiment en temps réel (1 minute 30 après le lancement d’un tir ennemi). © Anas Baba/AFP

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Cet article est issu du numéro 184 de Philosophie magazine « Que faire de nos angoisses ? », en kiosque le 24 octobre 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Développé à la fin des années 2000, le dispositif anti-aérien israélien du dôme de fer n’est pas sans rappeler le concept de « sphère » forgé par Peter Sloterdijk.

 

Depuis l’attaque iranienne du 1er octobre, le système israélien du « dôme de fer » est au cœur de l’actualité. Si quelques-uns des 181 missiles ont traversé les défenses de l’État hébreu, la plupart ont été interceptés par ce dispositif anti-aérien, dont le développement a commencé à la fin des années 2000 pour répondre aux tirs de roquettes lancées depuis Gaza et le Liban. L’image du dôme est évocatrice. Elle rappelle celle mobilisée par le philosophe Peter Sloterdijk dans sa trilogie Sphères (1998-2004) pour penser la logique de l’existence humaine : fragile, précaire, vulnérable, la vie a besoin de s’entourer de bulles, de  « structures immunitaires créatrices d’espaces intérieurs », pour se prémunir des agressions du monde extérieur. « L’être-dans-des-sphères constitue pour l’homme la situation fondamentale. » Le corps, avec la  peau, est déjà une forme de sphère protectrice mais en un sens très restreint. La vie corporelle ne peut demeurer contenue en elle-même : elle doit sans cesse se tourner vers le monde pour se nourrir, respirer, etc. La sphère, au sens fort du terme, englobe cette existence plus large qui met directement en jeu nos relations avec autrui. Elle est fondamentalement un espace commun, et l’immunité qu’elle procure est toujours co-immunité.  « La sphère est la rondeur dotée d’un intérieur, exploitée et partagée, que les hommes habitent dans la mesure où ils parviennent à devenir hommes. » Sous le dôme, dans la sphère, une communauté humaine éprouve une forme de sécurité et de solidarité.

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