Le paradoxe de Fermi

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Cet article est issu du numéro 9 de Philosophie magazine « 9 - mai 2007 », en kiosque le 26 avril 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La scène se passe en 1950 au laboratoire national de Los Alamos, au Nouveau-Mexique. Ce lieu de légende a rassemblé la crème des physiciens pendant la Seconde Guerre mondiale. Y a été mené le projet Manhattan, qui a abouti à la construction de la première bombe atomique. La guerre terminée, Los Alamos est resté un centre de recherche réputé.

Lors d’un déjeuner pris à la cantine du laboratoire, naît ce qui deviendra le « paradoxe de Fermi ». Le physicien italien Enrico Fermi, qui a mis au point le principe d’une centrale nucléaire, déjeune avec Edward Teller, le futur père de la bombe H, et quelques autres collègues. La discussion porte sur l’existence ou non de vie ailleurs que sur Terre.

« Mais où sont-ils ? » demande alors Fermi, qui entame un raisonnement étonnant. Compte tenu des milliards d’étoiles de la Voie lactée, dont la majorité est plus vieille que le Soleil, la probabilité qu’il existe une civilisation technologiquement avancée, beaucoup plus ancienne que la nôtre autour d’un de ces astres, n’est pas négligeable. Dans ce cas, ils auraient dû nous visiter déjà plusieurs fois par le passé. Car, reconnaît Fermi, la volonté de s’étendre dans l’espace serait inhérente à toute civilisation technologiquement capable de le faire. Or, de manière paradoxale, nous constatons une absence de traces d’une telle visite… À la question « Où sont-ils ? », trois réponses peuvent êtres formulées : soit ils sont déjà dans notre système solaire, soit ils demeurent à distance (et à proximité de leur étoile), soit ils n’existent pas.

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