Cinéma
Razzia. Quand l’écran lève le voile
“Razzia” de Nabil Ayouch © Unité de production / Les Films du Nouveau Monde / Artemis productions /Ali'n productions / France 3 cinéma
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Cet article est issu du numéro 118 de Philosophie magazine « 118 - avril 2018 », en kiosque le 22 mars 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
En réalisant “Razzia”, le réalisateur Nabil Ayouch poursuit son exploration des paradoxes de la société marocaines.
Much Loved, son précédent film, lui a valu des insultes ; il y suivait avec courage et émotion le parcours de prostituées marocaines. Le réalisateur Nabil Ayouch persévère avec Razzia, soucieux de saisir le réel sans rien céder au cinéma. Razzia débute ainsi par le survol de l’Atlas, d’une beauté minérale sidérante. Puis la caméra se porte sur un village et s’approche de son école, accrochée à la montagne. Abdellah (Amine Ennaji) y enseigne les sciences, une pensée critique et la poésie, dans le seul dialecte que les enfants comprennent : le berbère. Mais une réforme vient bouleverser l’éducation, au début des années 1980, au nom de l’uniformisation de la langue arabe. Abdellah est alors remercié et remplacé par un professeur « importé ». Dans le même temps, l’enseignement de la philosophie et de la sociologie disparaît du cursus général.