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“Le passé ne s’invente pas”, de Jean-Frédéric Schaub : et si l’histoire permettait de préserver l’indisponibilité du passé ?

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“Le passé ne s’invente pas”, de Jean-Frédéric Schaub : et si l’histoire permettait de préserver l’indisponibilité du passé ?

© Albin Michel

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À l’heure où les narrations identitaires deviennent des armes de guerre et où l’intelligence artificielle permet à chacun de fabriquer des textes et des images qui n’ont jamais existé, Jean-Frédéric Schaub invite, dans Le passé ne s’invente pas (Albin Michel) à défendre l’histoire contre les assauts du présent. Salutaire. 


 

« On ne sait pas de quoi hier sera fait » : cet adage soviétique rappelle une époque pas si lointaine où les pouvoirs remodelaient l’histoire à des fins de propagande. Or, rappelle l’historien et directeur d’étude à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) Jean-Frédéric Schaub dans ce livre salutaire, la réécriture du passé est le signe d’une perte radicale de liberté. Il importe au plus haut point que les données du passé soient « indisponibles », c’est-à-dire non sujettes à l’appropriation d’une communauté ou d’un pouvoir particuliers.

Aujourd’hui, sans que les signes d’un retour au totalitarisme soient encore perceptibles, tout conspire à reconstruire ce passé au gré des intérêts politiques dans un climat de brouillage général des repères. Certes il n’est plus nécessaire, comme naguère, de retoucher les photos d’un comité central au fil des purges successives. Le mensonge et la falsification délibérés sont désormais superflus. 

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