Le grand entretien

Hartmut Rosa et l’indisponibilité du monde

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Hartmut Rosa en 2019

Hartmut Rosa en 2019. © Guillaume Chauvin/Hans Lucas pour Philosophie magazine

S’il y avait quelques grands essais philosophiques à retenir de l’année, celui du sociologue et philosophe Hartmut Rosa, Rendre le monde indisponible (La Découverte, 2020), en ferait incontestablement partie. Accessible et profond, contemporain et métaphysique, il cherche à penser l’indisponible – dans le quotidien, le jeu, l’art, l’amour, la politique même – comme l’expérience fondamentale de l’existence humaine, celle qui nous met en contact avec ce qui nous fait vibrer et nous dépasse. Une réflexion qui s’ouvre par une évocation lumineuse de la neige, dans laquelle il voit « la forme pure de manifestation de l’indisponible ». Et qui permet de comprendre pourquoi notre environnement nous apparaît de plus en plus vide à mesure que nous en prenons le contrôle. 

Lire, s’entretenir, penser avec Rosa, c’est avoir le sentiment de s’ouvrir aux aspirations existentielles contradictoires qui nous habitent et qui sont le ressort vivant de nos sociétés. Une voix nous parle qui met des mots et des concepts sur la manière dont nous perdons le temps, les autres, le monde. Et sur la manière dont nous pouvons les retrouver. À lire au moment où l’on prend ses résolutions pour l’année, c’est-à-dire au moment où l’on définit ce qui nous fait vraiment vibrer.

Et si ce qui nous attirait le plus était ce qui nous échappe ?
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