Présidentielle
Le Pen-Bardella : le jeu des 7 différences
Marine Le Pen et Jordan Bardella lors d'une fete à Liévin le 04 juillet 2026. ©Sebastien Courdji /Sipa
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Après des mois de procès, la décision de justice est tombée. Marine Le Pen, condamnée à 45 mois d’inéligibilité dont 30 mois avec sursis, peut a priori se présenter aux présidentielles. Avant que la cheffe du Rassemblement national ne fasse connaître sa décision, comparons ses idées, son image, sa vision de l’économie avec celles son dauphin Jordan Bardella. Voici le jeu de leurs 7 différences.
1. L’expérience
Marine Le Pen est née en 1969. Elle a vécu son enfance et sa jeunesse dans la fièvre des activités politiques de son père, Jean-Marie Le Pen. Elle raconte avoir beaucoup souffert d’ostracisme à cause des opinions du chef du Front national (FN), notamment de la part des milieux catholiques.
Avocate, réputée bonne vivante et fêtarde, elle reprend le parti en 2011. Elle est à l’origine du processus de « dédiabolisation », visant à disqualifier tout reproche de xénophobie et d’antisémitisme. Elle a fait changer le nom du parti, a modifié les dénominations des mesures phares de son mouvement et a affiché sa volonté de le débarrasser de ses éléments trop extrémistes.
Une légitimité historique et politique
Candidate malheureuse à l’élection présidentielle à trois reprises, cheffe de file des députés Rassemblement national à l’Assemblée nationale, elle a lissé et humanisé son image et prétend incarner la France populaire contre « les déracinés d’en haut » (les instances européennes, les politiques, les décideurs économiques) et d’en bas (les immigrés). Incarnant la légitimité historique et politique de son parti, elle est devenue une figure familière de la vie politique française – ce qui est à la fois un atout et un inconvénient potentiel.
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On fait depuis longtemps à Jordan Bardella un procès en inexpérience. À 30 ans, le jeune homme, qui a interrompu ses études avant l’obtention d’une licence, n’a connu que la politique au sein du parti lepéniste. D’origine italienne, ayant grandi en Seine-Saint-Denis, il affirme avoir souffert des intimidations de la part de voyous issus de l’immigration.
Une vie dans le parti
Engagé dans le parti à l’âge de 17 ans, il a été assistant parlementaire, porte-parole du RN, conseilleur régional d’Île-de-France, député européen avant d’être nommé président du mouvement en 2022. Son ascension a été organisée par Marine Le Pen, à qui il dit tout devoir.
Si son expérience de la vie du parti est ancienne, il n’a jamais vraiment connu d’autre vie. Il n’a jamais dirigé une municipalité, n’a pas travaillé dans une entreprise ou au sein d’une administration publique. S’il tente de faire sa jeunesse un atout, il va devoir, en termes de dynamisme et d’ambition, traverser une campagne où son parcours sera soigneusement scruté, et où l’épaisseur personnelle est un atout décisif.